LES ENJEUX ECONOMIQUES DE LA RELATION UNION EUROPEENNE - AMERIQUE LATINE:UN CAS D’ETUDES - LE PEROU

...bases d’un « partenariat stratégique » dans les domaines culturel, éducatif et humain. Quant aux objectifs économiques de la nouvelle relation entre les deux continents, ils sont résumés dans la déclaration suivante: « stimuler la coopération économique internationale afin de promouvoir la libéralisation intégrale et mutuellement avantageuse du commerce, comme moyen d’augmenter la prospérité et de combattre les effets déstabilisateurs de la volatilité des flux financiers. Dans ce contexte, doivent être prises en compte les asymétries dans le niveau de développement ». Durant, le récent sommet de Madrid qui a eu lieu les 16 et 17 mai 2002, les leaders des pays latino-américains se sont montrés déçus des hésitations et réticences européennes. Or en effet les Quinze sont allés moins que ceux-ci ne l’éspéraient, nottamment en ce qui concerne l’ouverture des marchés européens à leurs produits. Après tout, la Commission Européenne envisage d’allouer à la région quelques 420 millions € dans les années à venir, dont 30 million € pour le soutien de ‘good governance’ et 50 € pour la coopération. Le processus de l’intégration régionale: la Communauté andine (CAN) “The multiannual regional cooperation strategy with the Andean Community will continue to support regional integration and will seek firm foundations for creating an Andean peace zone. Economic cooperation activities will be carried out to meet these objectives, including commercial technical assistance, which will focus on issues raised by the ongoing study into the current state and future prospects of economic and commercial relations between the EU and the Andean Community.” European Commission, Andean Community Regional Strategy Paper 2002-2006 La Communauté Andine des Nations (CAN) constitue le deuxième grand pôle d’intégration régionale latinoaméricain, après le MERCOSUR. Composée de la Bolivie, de la Colombie, de l’Equateur, du Pérou et du Venezuela, la CAN représente 1.5 fois le territoire de l’UE et 40% de celui de l’Amérique Latine, un tiers de la population de l’UE et un quart de celle latino-américaine. Elle regroupe 113 millions d’habitants, autour d’un PIB de $270 milliards en 2000. Le PIB a progressé de 2,2% en 2001, et le FMI prévoit une croissance de 2,1% cette année et de 4% en 2003. Les échanges commerciaux UE-CAN ont progressé de 70% en 10 ans, atteignant aujourd’hui 15 milliards € ; l’UE est la deuxième partenaire commercial et représente 15% du commerce de la CAN, celle-ci en représentant 0,7%. L’UE est la première source d’Investissement étranger direct dans le région, ayant multiplié leurs investissements par 4 depuis 1990. La motivation à l’origine du « Pacte andin » était surtout économique et commerciale : comme le processus de construction d’une zone de libre échange en Amérique du Sud via ‘la libéralisation tarifaire multilatérale’ négocié produit par produit ne progresse que lentement, l’intégration sous-régionale a été le moyen d’accélérer ce processus, et en même temps d’améliorer le développement économique et social de chacun des Etats et de leurs habitants. Les relations entre l’UE et la CAN existe depuis trente ans, et la CAN a évolué énormement depuis l’adoption de l’Accord de Carthagène de 1969, passant progressivement d’une conception de l’intégration fermée, en accord avec les modèles de substitution des importations des années 70, à un schéma de régionalisme ouvert. Après les négociations en 1991 et 1994 le Pacte Andin va ériger un tarif douanier extérieur commun, puis se transforme en "Communauté andine" le 10 mars 1996. Un dialogue politique interrégional a en effet été instauré entre l’Europe des Quinze et la nouvelle Communauté andine le 30 juin 1996. Cette réforme de Trujillo a élargi l’agenda de la CAN et créé le SAI , selon un modèle très inspiré de celui de l’UE. Il en résulte que la Communauté andine est l’organisme au schéma institutionnel le plus complet en Amérique latine. La question reste néanmoins posée de savoir si la réforme institutionnelle décidée par l’Acte de Trujillo suffira à assurer la survie du processus d’intégration andine ? La stratégie européenne à l’égard de la CAN se concentre sur deux priorités : D’abord appuyer le processus d’intégration andin via ses différents acteurs et dans sa construction du marché intérieur comme sa projection internationale (normalement cet achèvement devrait aboutir d’ici la fin 2005). Ensuite, soutenir la construction d’une zone de paix andine en s’attachant aux diverses sources de conflits potentiels, notamment la lutte contre la drogue et la gestion des ressources naturelles. En parlant des effets d’un tel régionalisme sur l’Europe, le risque d’éviction de certains marchés au profit de concurrents (comme la CAN) doit tout d’abord être écarté pour les investisseurs et entrepreneurs européens : l’UE doit éviter qu’à moyen terme l’effet de détournement du commerce provoqué par les nouveaux groupements régionaux soit supérieur à l’effet de création. Le cauchemar européen ? C’est la constitution de nouvelles zones d’influence où celle de l’UE se réduirait aux espaces euro-africains et euro-méditerranéens. Mais, si l’UE veut tirer pleinement profit des potentialités que lui offre le régionalisme américain, encore faudra-t-il qu’elle démontre sa capacité à rénover sa politique en "revisitant" les moyens auxquels elle a traditionnellement recours. La Communauté européenne ne pourra cependant exercer le rôle de pôle de rééquilibrage qui est attendu d’elle, qu’en ayant recours à des instruments attractifs et différenciés capables de satisfaire les besoins et les attentes de ses partenaires latino-américains. Côté européen, il n’existe pas d’accès préférentiel au marché latino-américain pour les exportations des entreprises européennes puisque les préférences sont accordées unilatéralement, sans contrepartie afin de faciliter l’industrialisation des pays en développement et l’accès de leurs produits aux marchés des pays industrialisés. L’UE ne dispose donc d’aucun avantage pour ses exportations, et notamment pas de tarifs préférentiels sur ces marchés. Sans doute les pays latino-américains les plus avancés ont-ils opté pour le régionalisme ouvert et abaissé de manière parfois très substantielle leurs droits de douane (en moyenne de 25 à 35 % au lieu de 100 % auparavant). Mais, l’UE ne dispose d’aucune garantie car les droits appliqués sont souvent inférieurs aux droits consolidés; de plus, et, en tout état de cause, elle est dans une situation moins favorable que les partenaires des pays concernés qui ont signé avec elle des accords de libre-échange visant à une disparition totale des droits de douane. Sur le plan économique, actuellement la situation est contrastée. Dans la dernière décennie, les échanges commerciaux entre la CAN et l’Union n’ont cru que faiblement, avec un taux annuel moyen de 1,8%, et la région représente moins de 1% des exportations européennes. Surtout, l’Europe comme marché pour les exportations de la CAN, principalement des produits primaires, étaient inférieurs en 2000 qu’il y a 10 ans. A l’exception de l’Equateur et du Pérou, tous les autres pays du système andin ont vu, en effet, leurs exportations décroître en direction de l’Europe durant les années 90. Enfin, sur la même période, les investissements en provenance de l’UE n’ont représenté que 25% des investissements étrangers totaux dans la zone. Tout cela malgré la générosité des partenaires européens qui ont consacré plus de 130 millions d’euros par an pour la CAN pendant la dèrnière décennie. Le PEROU et L’UE: un partenariat crucial qui touche aux fondements de l'économie péruvienne “In Peru, one of the main challenges is to find a development model that links macroeconomic stability and employment with effective mechanisms for combating poverty and ensuring equal opportunities for everyone. Hence the multiannual cooperation strategy with Peru covers economic and social development schemes, such as promoting the vocational training sector geared towards employment and institutional reform of the State.” European Commission, Peru Country Strategy Paper 2002-06 Avec une territoire géographique de presque 1.3 million km² le Pérou est la 4ième pays le plus large d’Amérique Latine, avec un PIB actuel de $123 milliards, qui progressera de 3,7% en 2002 selon le FMI. La densité de sa population de 27 millions est relativement basse (20 habitants au km²), avec presque 1/3 concentré dans la capitale, Lima . Selon l’Indice du développement humain de l'ONU (2000), le Pérou se classe 80e sur 174 pays et compte 54% de pauvres. Les principales industries péruviennes sont les mines de métaux, le pétrole, la pêche, les textiles et vêtements, le traitement alimentaire, la cimenterie, l’acier, la construction navale et la fonderie. L’agriculture est basée principalement sur le café, le coton, la cane à sucre; et secondairement sur le riz et la pomme de terre. En ce qui concerne l’aide européenne envers le pays, le Pérou a reçu plus que 400 million € entre 1991 et 2000, de la part de l’UE et de ses pays membres individuels. Etonnamment, malgré des relations privilégiées, les échanges du Pérou avec ses pays ‘partenaires’ de la Communauté andine demeurent peu importants. En effet, ces pays ne représentent que 5,7 % des exportations péruviennes et 14,2 % des importations. La crise en Argentine aura probablement assez peu d'impact au Pérou malgré leur proximité, l'Argentine ne représentant que 0,5 % de l'ensemble des exportations péruviennes. Le Pérou a traversé un processus de transition à la démocratie représentative en 2001, ce qui a eu comme résultat l’éléction de M. Alejandro Toledo comme le nouveau président en juin 2001. Même si l’éléction a aidé à restaurer la confiance publique dans des institutions tellement «malmenées », après 10 années de dés-institutionalisation et de corruption aux plus hauts niveaux de l’Etat, il y a beaucoup de progrès à faire. Le challenge le plus difficile de la nouvelle administration est de trouver un modèle de développement qui combine une stabilité macroéconomique avec plus d’opportunité d’emplois et des méchanismes pour lutter contre la pauvrété avec des conditions égales pour tout le monde. Malgré une récente stabilisation de l’économie, la classe politique paraît de plus en plus coupée des frustrations populaires. Nombreux sont ceux au Pérou qui se demandent déjà si Toledo tiendra ses promesses éléctorales en matière de création d’emplois et de politique sociale. Après une décennie 90 très difficile socialement, les attentes étaient grandes. En effet, le Pérou a vu se mettre en place sous la présidence d’Alberto Fujimori, d’une manière extrêmement abrupte (en 2-3 ans), des réformes structurelles ‘ultra-libéralisantes’ qui ont provoqué une désindustrialisation du pays. Vers la fin de cette période radicale surnommée le « Fujichoc », l'économie péruvienne s’est trouvé en période de forte récession. Celle-ci a causé une considérable diminution de l'emploi, un gel des revenus ($414 par mois) et une chute généralisée de la demande. Mais après ce ralentissement économique, l'économie péruvienne a crû d'un solide 5% par année durant la décennie dernière et la croissance devrait revenir à 4% et 5% cette année et l'an prochain. Le taux d'inflation qui atteignait 7000% il y a 10 ans est revenu à 2,5%. En réponse aux intérrogations liées à sa chute récente de popularité interne, le président Tolédo a déclaré : «Estamos entre el 27% y e...

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